A l’annonce de Resident Evil 5, je n’avais guère été emballé. Il faut reconnaître que si la série m’avait offert quelques souvenirs marquants à ses débuts (ce qui peut se comprendre, je n’avais que 11 ans à la sortie du premier jeu sur PlayStation), le passage à un genre plus orienté action que survival horror avec Resident Evil 4 ne m’avait pas franchement convaincu. L’arrivée d’un mode de jeu en coopération avait cependant retenu mon attention, les Gears of War ne sortant pas tous les jours.
Ce nouveau Resident Evil a choisi l’Afrique comme terrain de jeu. On y retrouve notre bon vieux pote Chris Redfield, qu’on pensait à la retraite depuis le temps, accompagné pour l’occasion d’une petite nouvelle aux couleurs locales, Sheva. Etant donné la profondeur de ce nouveau personnage, on constate vite à quel point on l’a rajouté à la trame principale comme prétexte au mode coopératif. C’est peut-être aussi un moyen que Capcom a trouvé pour mettre fin aux polémiques accusant le jeu de racisme (car on y joue un blanc qui tue des noirs), en ajoutant une jeune Africaine du côté des gentils massacreurs de zombies. A l’époque du 4, nous autres Européens aurions dû lancer les mêmes polémiques, on aurait peut-être gagné un mode coop’. On le saura pour la prochaine fois.
Je ne vais pas m’étendre sur le scénario, car s’il est extrêmement prévisible, il reste suffisamment intéressant à découvrir pour ne pas se gâcher le plaisir avec quelques spoilers. Sachez juste qu’on se croirait parfois plus devant Matrix que devant Resident Evil, voire Devil May Cry, mais là d’un coup, c’est vachement moins étonnant. L’intrigue ne s’attarde guère sur les événements passés, au risque de perdre les nouveaux venus qui n’en saisiront pas tous les tenants et les aboutissants. Quoi qu’il en soit, elle n’est pas d’une complexité incroyable, les quelques flashbacks en cinématique ou documents que l’on trouvera disséminés dans les différents niveaux seront bien suffisants pour s’imprégner de l’histoire.
Le gameplay ne révolutionne pas la recette appliquée dans Resident Evil 4. Hélas, quand on passe après la tripotée d’excellents TPS de cette génération de consoles, le retour sur la maniabilité extrêmement rigide du titre de Capcom est difficile. Sur un survival horror, on peut comprendre de mettre des limitations à ce niveau pour que le joueur se sente vulnérable, mais quand le titre s’apparente plus au jeu d’action pure, c’est la frustration qui prend le dessus. Même Dead Space, bien plus proche de l’esprit originel de Resident Evil que la série elle-même aujourd’hui, n’est pas affublé d’une maniabilité aussi archaïque.
Malgré tout, le jeu accroche. Passé la phase de réapprentissage, on se rend vite compte que la difficulté a été taillée en fonction des contrôles. Aussi les cartes sont en couloirs pour éviter que l’on ressente le manque de strafe ou de tir en mouvement, les zombies vous laissent le temps de réagir à proximité avant d’attaquer, et le rythme n’est pas insoutenable. Quelques QTE viennent ponctuer l’action et tendent à démontrer que les personnages n’ont pas toujours un balai dans le cul. Je les ai trouvé plutôt bien intégrés (les QTE, pas les balais), les cinématiques très speed à la Devil May Cry prennent une toute autre importance, il faudra se montrer vif, d’autant que les manipulations à effectuer ne seront pas toujours identiques sur la même séquence.
L’aspect coopératif a une part très importante dans le jeu. Outre le fait de soigner son compagnon, de le libérer de l’emprise d’un zombie, ou encore de lui faire la courte échelle, les nombreux boss ne succomberont que face à un véritable travail d’équipe. Je soupçonne de sacrées crises de nerfs pour ceux qui jouent en solo, mais je n’ai pas eu l’occasion de voir l’IA du compagnon à l’oeuvre.
Si la maniabilité est archaïque, le moteur graphique est cependant bien au goût du jour. Les personnages sont superbement détaillés, les effets pyrotechniques (et même de lumière en général) sont saisissants, tout en affichant un framerate stable même lorsque des hordes de zombies se pointent. C’est sans doute au niveau des décors que les concessions ont été faites, n’affichant que des environnements très fermés aux textures parfois franchement crades. Mais qu’importe, le détail est là, et on pourra toujours expliquer aux claustrophobes qu’il s’agissait de rendre l’ambiance oppressante, bien que cela ne soit plus très crédible devant un tel jeu d’action, même avec des zombies.
Resident Evil 5 est un bon TPS, avec de faux airs de survival horror que l’on doit surtout au passé de la licence. Si vous avez envie de flipper, allez plutôt voir du côté de Dead Space, mais si vous avez déjà écumé les Gears of War avec vos potes et que vous êtes en manque, alors Resident Evil 5 conviendra très bien, sans toutefois être aussi jouissif ou léché que la licence d’Epic.
PS : Et merci Gamekult pour les screenshots, encore une fois.







10 juin 2009 à 19:04
Je suis assez d’accord avec ta critique. Dans l’ensemble j’ai bien aimé, la réalisation est très bonne, dommage pour l’interface moyenne… Pas forcément original dans ses mécanismes, le jeu est agréable et efficace, principalement grâce à son mode coopératif. Il est à noter que je n’avais aucune culture RE avant cet opus et que je n’avais donc pas l’approche sentimentale d’un ancien joueur. Je lui mettrais donc un 7 sur 10 si je devais le noter.