Comme beaucoup de gens, j’ai commencé l’aventure Street Fighter avec le bundle Super Nes qui contenait Street Fighter II. Cependant, si je trouvais le jeu très sympa, il ne m’aura pas laissé un souvenir impérissable comme a pu le faire Killer Instinct par exemple. Pour ma part, la vraie claque Street Fighter, elle a commencé sur PlayStation, avec l’excellente série Zero (ou Alpha en Europe). Superbement animé, avec des coups plus impressionnants les uns que les autres, un roster sympathique, et une grande profondeur de gameplay, le jeu m’aura offert des heures et des heures de fun, à côté d’autres excellents crus Capcom de la même époque, comme Star Gladiator, Rival Schools ou Marvel Super Heroes.
Cependant, je m’en suis assez vite détourné par la suite. Les jeux de baston se sont multipliés et se sont différenciés, et c’est Soulcalibur qui, sur Dreamcast, aura véritablement initié ma passion pour cette série, au devant de toutes les autres (la claque était toute autre qu’avec Soul Edge, je dois l’avouer). Du coup, bien que je possède toujours mon exemplaire de Street Fighter 3 Third Strike sur la dernière console de Sega, j’ai quelque peu boudé la série de Capcom au profit de celle de Namco. Mais en bon passionné de jeux de baston, je ne pouvais pas passer à côté du nouveau Street Fighter, curieux de savoir s’il allait pouvoir me séduire de nouveau.
Visuellement, Capcom avait fait un pari. Outre l’utilisation de 3D, qui n’enchantait pas grand monde de prime abord (on se souvient tous de la série EX…), le style graphique très particulier est audacieux. Entre les effets d’encrage, les musculatures et les expressions faciales exagérées à outrance, il fallait oser. Pari réussi, grâce à une réalisation hors pair et un ensemble artistiquement très cohérent. Bien qu’il m’arrive de me demander ce que ça aurait donné si Capcom avait choisi la voie de la 2D très léchée comme SNK pour son prochain King of Fighters, je ne regrette pas le choix qu’ils ont fait. C’est superbe, tout simplement.
Bien évidemment, plus qu’une prouesse graphique, Street Fighter est avant tout un monument de gameplay en matière de jeu de baston. La série s’est imposée grâce à un gameplay à la fois accessible et très profond, et ce nouvel épisode ne fait pas exception. Malgré le manque d’habitude, j’ai très vite retrouvé mes repères, mais je continue d’apprendre, et je continuerai jusqu’à ce que j’arrête tout simplement d’y jouer.
Lorsque Capcom avait annoncé le jeu, ils parlaient d’un retour aux sources, à Street Fighter II. Si ce genre d’annonce m’avait quelque peu rebuté au début, n’étant pas un fervant défenseur du gameplay old school des anciens opus de Street Fighter, mes craintes se sont très vite estompées une fois que j’avais commencé à jouer. Certes, on sent la présence de Street Fighter II, tout comme on sent l’expérience de Capcom acquise au fil des épisodes qui l’ont suivi. Si la base est en effet un retour aux sources, la recette, elle, est remise au goût du jour.
Parmi les nouveautés, on trouve la focus attack. Celle-ci permet, durant sa charge, d’encaisser un coup unique puis de riposter avec un coup puissant pouvant mettre l’adversaire au tapis ou même briser sa garde si elle est chargée assez longtemps. La vie perdue suite à l’encaissement d’une attaque durant la charge d’un focus se régénèrera très vite, à condition de ne pas prendre d’autre coup durant la régénération, ou même durant la charge, ce qui aurait pour effet de la briser immédiatement.
Une barre de Super est aussi présente, découpée en 4 parties, qui se charge au fil de nos attaques. Pleine, elle permet d’effectuer une puissante attaque Super, mais il est aussi possible d’en utiliser les différentes portions pour les attaques de type EX, formes améliorées des coups spéciaux. A côté d’elle se joint une barre appelée Revenge qui, elle, se charge avec les coups reçus. Lorsqu’elle dépasse la moitié de son remplissage, elle permet de libérer une attaque dite Ultra, dévastatrice, de quoi retourner le match sur un coup d’éclat.
A côté des classiques modes de jeu, de l’Arcade au Training en passant par le Versus, Street Fighter IV offre quelques nouveautés. Pour commencer, il y a le mode Challenge, qui en plus de rassembler Time Attack et Survival, permet aux joueurs d’apprendre des combos de plus en plus compliquées à exécuter sans faute sur un pantin. Ensuite, il y a bien évidemment le mode en ligne, comme cette génération de consoles l’oblige.
En ligne, on a le choix entre 3 modes. Les deux premiers sont assez classiques, il s’agit de parties classées et de parties libres. Les premières rapportent des battle points, alors que les secondes sont dénuées de récompenses. Le dernier mode, apporté lors d’une mise à jour, est le mode Championship, mon préféré. Découpé en ligues, il repose sur le gain de points de grade, permettant de monter dans les rangs, jusqu’à passer dans la ligue supérieure. Pour cela, des combats organisés à la manière d’un tournoi, jusqu’à la finale, la plus généreuse en points.
Le netcode est à mon goût très correct, surtout quand on sort de Soulcalibur IV. Il va de soi qu’il est risqué de jouer avec quelqu’un possédant moins de 4 barres, mais la majeure partie du temps, le jeu est très acceptable avec 3 barres, avec quelques mauvaises surprises parfois, heureusement minoritaires. Le pourcentage de déconnexions des joueurs est affiché, histoire de facilement se rendre compte si on a affaire à un mauvais perdant qui n’hésitera pas à faire un petit rage quit juste avant le coup final.
Néanmoins, il manque encore quelques fonctionnalités à ce mode en ligne. Impossibilité de créer des rooms de plus de 2 joueurs, pas de mode spectateur, c’est vraiment dommage, car il devient difficile de se rejoindre entre potes pour une soirée Street Fighter IV s’il est impossible de le faire IRL. De plus, les replays ne sont enregistrables qu’à partir d’un certain niveau, uniquement pour les finales de championnat, pourquoi ne pas permettre à tout le monde de les enregistrer sur son disque dur ?
Concernant l’audio, c’est peut-être le point le plus discutable. Si certains ont accroché plus que d’autres sur les nouveaux thèmes (ou remix) des musiques de stages, c’est surtout le thème d’intro qui fait débat. En effet, une chanson d’EXILE, groupe de jpop, ça ne plaît pas à tout le monde. En ce qui me concerne, je ne trouve pas ça désagréable, mais pour avoir l’OST, je ne comprends pas pourquoi elle occulte complètement certains titres comme la version orchestrale du thème musical de Street Fighter, absente du jeu. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas vraiment à se plaindre, et outre la musique, Capcom a pensé à inclure les doublages japonais et anglais, configurables par personnage, selon les désirs de chacun.
Si Street Fighter IV n’est pas parfait, Capcom a mis la barre très haut pour ne pas se retrouver perdant face à la furieuse concurrence de cette année dans le monde des jeux de baston. King of Fighters XII, Tekken 6 et Blazblue vont avoir très fort à faire pour me détourner de celui-ci, et des délicieuses cuisses de la jolie Chun-Li. Mais, sait-on jamais, je n’envisageais pas spécialement un retour sur Street Fighter après Soulcalibur, et encore moins en jouant un perso à charge, alors je m’attends à tout.
PS : Ah oui et heu comme d’habitude, merci à Gamekult pour les screenshots.







